mercredi 30 mars 2016

Les lacs d'émeraudes

Pour certains c'est le mont Mera ou l'Everest, pour moi la montagne qui fait rêver s'appelle Tongariro. Depuis que j'ai vu les images des lacs d'émeraudes, je rêve de faire ce trek, un des 9 grands treks de Nouvelles-Zélande. Le seul qui peut se faire en une journée, sans permis et sans équipement spécialisé.


Mais faire ce trek n'est pas une randonnée de plaisir. 19,4 km à parcourir. 3 grands volcans de 2800 mètres dont le fameux Mount Doom du Seigneur des Anneaux. Il faut se préparer mentalement et physiquement pour affronter ces géants. Certains  marcheurs plus téméraires y ont récemment laissé leur peau.
Mais voilà, il pleut . Cela fait une semaine qu'on tourne autour en attendant la fenêtre météo parfaite. Quand finalement je l'aperçois, je suis à la fois heureux et inquiet.  Comme il est gros le bougre.




Gigi, la sage ne partage pas mon enthousiasme. Elle opte pour la voie des airs. Elle se paye une folie et va survoler le site pendant que le mari se fait aller le mollet. C'est donc seul que j'entre dans mon rêve. Seul, façon de parler. 80 000 personnes par année vont voir les lacs d'émeraudes.



La journée est parfaite. Il fait grand beau comme diraien les Suisses. Le sac à dos est rempli, les cartes photos vides et les batteries pleines. Je suis tout heureux de vivre cette aventure.  Il y a des jeunes, des gens plus âgés, des sportifs, des obèses et moi.




Rapidement on change de planète. Le décor devient minéral. La végétation a du mal à s'implanter. Nous sommes au royaume des volcans et des lacs de souffre. J'ai l'impression de remonter le temps à une époque préhistorique.












Nous traversons de grandes pleines.  Au loin je découvre des silhouettes humaines qui m'indiquent le passage. Ayoye.







Dans l'euphorie, je n'entends pas cette petite douleur lancinante . C'est comme un stop que me crie mon genou droit. Le paysage est trop beau .Je persiste et j'avance. Je suis à mi-chemin et cette fois j'ai entendu le cri. Trop tard le genou droit a claqué. Par chance, j'ai un bâton de marche pour m'appuyer. Plus que 10 km.




La douleur disparaît complètement lorsqu'au passage d'une crête j'aperçois les fameux lacs d'émeraudes. Ils sont aussi beaux que dans mon rêve. C'est autour de ces lacs que j'arrête finalement pour le lunch.















Mais voilà il faut poursuivre la route. Je me remets en marche et je découvre que j'ai trop sollicité mon  genou gauche qui commence lui aussi à défaillir. Je panique, il me reste 8 km à faire et je n'ai plu de genoux. Chaque pas est un supplice . J'avance à la vitesse de l'escargot. Je me fais dépasser par tous ces jeunes corps fringuants. Même des personnes plus âgées me dépassent.  Je viens de prendre un sacré coup de vieux.






Finalement après 8 heures de montées et de descentes, j'aperçois un mirage. Gigi est venue à ma rencontre elle m'attend et s'inquiète.  Je suis finalement arrivé. Mes genoux sont enflés.  Pour la première fois de ma vie je n'ai pas le contrôle de mes jambes. Je vais mettre 2 jours et beaucoup d'Advil pour marcher normalement.

Nous partons de National Park je me retourne une dernière fois sur mon rêve. Je n'ai plus mal. Comme elle est belle cette montagne et ses lacs d'émeraudes.


2 commentaires:

  1. Bravo, la beauté nous fait parfois aller au bout de nos forces (ou de nos genoux) mais les beaux souvenirs restent bien plus longtemps que la douleur.

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  2. Je compatis. Ta relation met bien en lumière ce mélange de bonheur et de douleur d'une telle expédition. En fait, j'ai admiré ces paysages extraordinaires et ressenti tes malaises.

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